Une compagnie de théâtre en résidence à Chantepie
La Compagnie La Portée était en résidence à Chantepie du 17 au 24 octobre 2025. Installée au complexe des Deux-Ruisseaux, elle a commencé à mettre en scène la pièce Cabanes / Walden XIII, de l’autrice bretonne Marilynn Maurage.
La compagnie viendra à Chantepie le 7 mars 2026 jouer une autre pièce de leur répertoire, Femme non-rééducable, à l’occasion de la journée du droit des femmes.
Nous sommes allés à leur rencontre durant leur résidence et avons pu échanger avec Roxane DRIAY, la metteuse en scène de Cabanes / Walden XIII, également actrice principale de Femme non-rééducable.
Quelles sont les avantages d’une résidence ?
Je vais commencer par définir ce qu’est une résidence, car ce terme n’est pas toujours clair. Quand on dit résidence, les gens s’imaginent qu’on part en vacances. Mais c’est un temps où toute une équipe se réunit pour un projet avec un objectif dans lequel toutes nos journées sont consacrées à ce projet. On appelle ça une résidence car nous allons souvent loger tous ensemble, ce qui nous permet d’être vraiment dans notre création sans les perturbations extérieures de la vie quotidienne. C’est comme une retraite spirituelle, pourrait-on dire.
Pour nous, c’est vraiment dans les résidences que nous créons le spectacle. Nous réunissons toute une équipe. Dans notre cas, il y a les comédiens et une équipe technique, au son, à la lumière, à la production, à la scénographie. Il y a une scène avec nous et du matériel technique. On commence à tisser, à expérimenter des choses, on se trompe, on revient en arrière, on recommence.
Qu’avez-vous prévu pour cette résidence à Chantepie ?
C’est notre toute première semaine de résidence. C’est un moment particulier, car nous commençons, nous n’avons rien. Nous avons des idées, des pistes, des rêves, beaucoup. Mais tout cela demande à être expérimenté et confirmé au plateau. C’est un moment un peu vertigineux à certains égards parce qu’il y a beaucoup de vide. Il y a peu de certitudes auxquelles s’accrocher.
Pour moi, en tant que directrice de projet, c’est toujours un moment particulier, parce que c’est un moment où je doute beaucoup. Avec le temps, je vais douter de moins en moins. Je ne vais jamais m’arrêter de douter, cependant. Je crois que c’est important de douter, de ne pas avoir d’images préconçues. C’est un moment particulier, mais très joyeux, parce que tout est possible. L’horizon est très ouvert.
Quelle est votre méthodologie de travail pendant une résidence ?
Cela dépend des artistes. Pour ma part, j’ai toujours besoin de commencer avec le début de la pièce. La première scène, la deuxième scène… c’est très important pour moi car c’est comme cela que le spectacle s’ouvre. Dans ma tête, j’imagine le jour de la première, la salle remplie, le public… J’ai besoin de me dire : le spectacle commence avec ça. Et après, je peux faire des sauts, et être plus irrégulière, mais j’ai vraiment besoin du début, et de la fin aussi. En ce moment, on a créé l’image de fin, par exemple.
Ensuite, on peut faire des sauts de plusieurs scènes, soit parce qu’il y a des questions techniques précises (par exemple une lumière particulière), soit par association d’idées.
Les accessoires que vous avez choisis sont-ils ceux avec lesquels vous allez faire la pièce ?
Pour l’instant, on est à une version test des accessoires et du décor, on a un brouillon de quelque chose. Il y a un enjeu économique qui fait qu’on a dans un premier temps des éléments qui évoquent notre intention, comme une maquette. Ensuite, on investit dans les vrais matériaux.
Pourquoi avoir choisi cette pièce ?
Il y a deux choses qui m’ont beaucoup marquée dans cette pièce. La première, c’est l’enchevêtrement de la petite échelle et de la grande échelle. C’est un couple qui se déchire, une rupture amoureuse qui représente la petite échelle individuelle, mise en parallèle de la déchirure à l’échelle sociétale, sur la question du futur et du rapport à la nature.
Et la deuxième chose qui me plaisait était de parler d’écologie avec un angle de comédie : prendre des sujets qui sont anxiogènes et le traiter avec la comédie pour en rire. Cela permet de casser la tétanie, de ne pas s’empêcher de penser à des choses terribles et de se dire plutôt : parlons-en. C’est un sujet du moment, on ne peut pas l’esquiver, alors parlons-en.


Distribution :
Mise en scène : Roxane Driay
Jeu : Anne-Laure Denoyer et Jan Czul
Création musicale : Jóan Tauveron
Création lumière : Quentin Perriard
Scénographie : Lise Bardou
Chargé de production : Olivier Cotro
Agenda : Théâtre – Femme non-rééducable – 7 mars 2026
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